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Des vers pour le lombri-truc

"Aujourd'hui, on se focalise sur le lombri-truc. Car si on est certains d'avoir bien mis des vers dedans (dûment achetés et recueillis par nos soins !), je doute un peu que ça composte quelque chose pour l'instant. Les vers sont arrivés le 10 janvier. On est le 10 février (>ö<) soit 1 mois après, et ça ne bouge pas beaucoup là-dedans... "

 

On est bon dans les dates, non ? En fait ça a été écrit il y a 1 an et on n'a jamais terminé l'article. Il faut croire que nos lombrics nous en ont fait voir tellement de toutes les couleurs qu'on avait plus l'énergie pour narrer leur histoire ^^ Malgré la grippe saisonnière qui me maintient fermement à l'intérieur et le plus souvent dans mon lit, je saisis un moment d'énergie et de volonté pour mettre tout ça au clair !

 

Pour être tout à fait honnête, le lombricomposteur a été la première pierre à notre édifice has-bin, avant même qu'on se soit officiellement décidé à débuter un projet zéro-déchet.

 

ACTE 1 : une soirée par ordinaire !

Tout a commencé le 29 novembre 2017 lors d'une soirée assez étonnante appelé : "Prenons un VER". Je me suis dit que les personnes ayant créé l'évènement avaient déjà bu un ou deux coup de trop. Et puis, moi je fais confiance à Chris pour les bons plans soirée. Elle m'a dit "Tu vas voir c'est des gens cool, ils sont gentils" et je l'ai cru. Quel mal m'en a pris ! Quelques heures plus tard nous repartions à l'appartement avec un lombricomposteur fabriqué à partir de bacs de polystyrène de poissonnier... Déjà c'est encombrant et puis je ne vous explique pas l'odeur ! Et tout ça pour quoi ? Faire un élevage de lombrics ? Pour manger nos déchets ? Mais ils sont fous ces gens... Et puis il n'y a pas la place chez nous, tu veux qu'on mette ça où ? Dans nos toilettes ? (à l'époque on était encore des gens civilisés, on utilisait du PQ en papier issu de forêts non durables et soigneusement blanchi ^^)...

 

Pour info c'était une "Nuit de la Bidouille" organisée en collaboration entre Les Petits Débrouillards Gard et LuluZed. Il y a des soirées de ce genre organisées tous les mois et c'est en vérité très sympa. On y fait plein de rencontre et on se retrouve toujours à faire des expériences assez marantes avec nos dix doigts !

 

ACTE 2 : Chris part à la pêche ¡

Adibou a gentiment lavé le lombricomposteur et l'a installé dans nos toilettes dans un petit renfoncement parfaitement adapté ! Je suis certain qu'il avait été pensé pour ça :D Bref, il nous manquait des vers pour commencer la digestion de nos épluchures et autres déchets organiques en tout genre.

 

Chris a alors eu la lumineuse idée d'aller en chercher dans le compost (de jardin) de ces parents. Mais comment dire qu'en décembre et en pleine journée il se planque et profondément. Surtout qu'à cette époque c'était vraiment un compost sauvage, genre tas au fond du jardin vous voyez. Ça fonctionne très bien mais ça ne garde pas bien la chaleur et ça ne protège pas de la lumière alors les vers se planquent. Ça a changé depuis, Ben le père de Chris a fabriqué un beau composteur pour ces braves bêtes ! <3

 

Bon elle a quand même réussi à récupérer une bonne douzaine de gros vers rouges (miam) et à les rapporter à Nîmes. Youpi c'est parti !!! Enfin non parce qu'ils n'ont pas été gourmands du tout, mais alors pas du tout du tout. Adibou a tenté de récupérer d'autres vers dans le compost d'un amis du Nord de la France pendant les vacances de Noël mais là encore, impossible de mettre la main sur plus de quelques vers pas très vifs. Et oui, ces trucs sont du genre à hiberner en hiver quand il fait froid, ça ne devait pas aider...

 

Après ce premier échec, on ne voulait pas abandonner. On avait un super lombritruc home-made et qui sentait le poisson et on comptait bien le transformer en usine à traitement des déchets !!!

 

ACTE 3 : quand Adibou sort l'artillerie lourde...

Pas question d'abandonner quand on est un Adibou ! Alors on se sort les doigts du *** et on passe à l'action ! Adibou s'est rendu sur la plateforme Plus2vers pour récupérer des lombrics gratos à un lombricomposteur expérimenté. C'est un site qui répertorie des donateurs de vers, pratique mais un peu foireux au passage. Quand vous faites une demande de vers à quelqu'un vous devez vous inscrire et en vous inscrivant vous devenez vous même un donateur de vers... Ce qui fait que les 4 personnes contactées dans notre localité avaient commencé il y a peu de temps et n'avaient pas de vers à donner. oups !

 

Il ne nous restait pas 14 solutions. On a donc commandé des lombrics directement dans une ferme à vers. Si, je vous jure que ça existe. Il y a des gens dont c'est le métier d'élever des lombrics ! On a décidé de commander les nôtres sur VerslaTerre. Ça avait l'air d'être une boite assez cool, une petite exploitation française et relativement proche de chez nous (Hérault). Nous voici donc avec des champions de la dégradation des déchets, des Eisenia ! Nous sommes le 10 janvier 2018, vous suivez toujours ? Ok parfait je continue !

 

ACTE 4 : un démarrage tout en douceur !

Je vous ai dit que les vers ont tendance à hiberner quand ils ont froid ? Et ben c'est surement ce qui s'est passé. Nous on a bien suivi la notice, genre laissez les tranquille au début, ne leur donner rien à manger pendant une semaine-dix jours, mettez juste des morceaux de carton humide et un peu de peau de banane. Du coup, ils se sont cru en vacances les p'tios ! Il n'y a pratiquement pas eu de dégradation pendant deux bons mois...

 

Après avoir jeté une ou deux fois des déchets verts moisis, il fallait trouver une solution. Pas de soucis, qu'il a dit le Adibou, "on va les stocker dans le congélo en attendant". Le problème c'est que ça s'accumule vite et qu'au bout d'un moment ton frigo est rempli d'épluchures ^^ C'est quand même dommage d'utiliser autant d'électricité pour des déchets. Heureusement nos braves lombrics ont fini par se réveiller vers la fin du mois de février :D

 

C'est cool ça descend un peu ! Par contre y a des moucherons ! On est le 10 mars et on ne sait toujours pas si on fait ce qu'il faut vu le rythme particulièrement lent de dégradation :/

 

ACTE 5 : rebondissements en pagaille

Pour faire court.

  1. Mars, avril : on a été ravis de constater que nos lombrics s'étaient réveillé et bouffaient bien ! Au passage, notre composteur s'est transformé en germinateur. Du jour au lendemain une bonne douzaine de pousses d'environ 15 cm ont émergé, impressionnant ! Bon on saura que les graines de courge, il ne faut pas...
  2. Mai : on s'est fait envahir par des moucherons ! On s'est rendu compte que notre composteur fuyait comme une passoire et qu'il y avait du jus de partout en dessous et autour ce qui favorisait la prolifération de moucherons. On a donc été obligé d'investir dans une solution de composteur étanche. On a opté pour le modèle de Vers la Terre qui semblait très bien et qui avait l'avantage de rentrer dans notre petit renfoncement !
  3. Juin : après avoir survécu à la troisième guerre mondiale contre les moucherons lors du changement de composteur et avoir nettoyé la pire crasse du monde... on est toujours opérationnels et motivés. Je sais pas comment c'est possible, on doit être un peu toc toc ^^ Le nouveau composteur est parfaitement étanche et les moucherons ont presque disparu (c'est la renaissance !).
  4. Juillet : on a encore des soucis de germination mais cette fois-ci avec les graines de melon. Ça tend à se tasser tout seul en quelques jours mais je me demande si ça ne dérègle pas un peu le milieu tout ça !
  5. Automne - Hiver : Depuis ça roule, on a juste eu un passage à vide en décembre/janvier où on s'en est moins occupé : on a été moins généreux en brun (carton/papier). Donc plus d'acidité, beaucoup d'humidité et une nouvelle irruption de moucherons et de petites mouches. En plus, on n'avait pas tiré le jus depuis super longtemps donc ça débordait et ça coulait partout, bref vraiment dégueu. Et comme la première fois ça amplifiait le phénomène de reproduction des nuisibles. Vraiment horrible ces mouches, beurk !!! Vivement que les beaux jours reviennent et qu'on puisse de nouveau laisser la fenêtre ouverte en permanence ! Et malgré notre super piège à base de vinaigre et de savon noir qui fait des miracles, elles se reproduisent extrêmement vite...

CONCLUSION : partez sur des bonnes bases !

Le lombricompostage c'est génial. J'écrirais un article sur le sujet bientôt pour vanter ses mérites et expliquer comment ça marche. Cet article outre le fait d'être un peu marrant, enfin j'espère... vise à vous sensibiliser à ce qu'il ne faut pas faire. Voici donc nos quelques conseils de néos expérimentés lombricomposteurs :

  1. Adoptez un lombricomposteur uniquement si vous êtes motivés car ça demande quand même un peu d'attention et de temps pour s'en occuper. Ça n'a pas besoin de nous pour fonctionner mais si on s'en occupe n'importe comment ça va vite déconner !
  2. Utilisez du bon matos ! Investissez dans un bon lombricomposteur et commencez tout de suite avec une bonne quantité de vers sinon vous allez galérer comme nous ! Si vous avez un compost de jardin c'est différent ! Si ça fuit c'est pas grave ! Alors si vous voulez le faire vous même, de révolutionner le compostage, allez-y ! Mais en intérieur c'est galère. Je vous promets qu'avoir des mouches partout dans son salon quand on invite des gens ce n'est pas tip top :/
  3. Installez un lombricomposteur au printemps ou en été histoire qu'il ait le temps de bien se lancer avant la période froide. Commencer en automne c'est galère, et en hiver c'est du suicide !
  4. Lisez bien la notice et un guide de compostage avant de commencer à l'utiliser pour ne pas faire de bêtises. On reviendra bientôt dans un article sur tous les principes d'usage ;)

Pas plus pour cette folle aventure ! J'espère que ça vous aura donné le sourire !

J'imagine que les autres personnes ayant un lombricomposteur se seront reconnus dans certaines de nos mésaventures... N'hésitez pas à partager vos pépites en commentaire !

 

Adibou


Une dernière anecdote ?

En parlant de pépite, je ne peux pas vous quitter sans une dernière anecdote ! Je vous disais qu'en été on laisse la fenêtre des toilettes ouverte pour que les moucherons ne s'accumulent pas dedans et sortent. Or, il se trouve que dans le centre ville de Nîmes l'été, on a beaucoup mais alors beaucoup de petits geckos (tarentes des villes) qui prennent la chaleur sur les murs en pierre le soir. Ces bestiaux se nourrissent principalement de petits insectes. Vous voyez où je veux en venir ?

On en est venu à se retrouver quasi quotidiennement en face à face avec ces machins dans nos toilettes. On pense même qu'un ou deux auraient élu domicile quelque part dans nos toilette entre la mallette de la perceuse et la boite à outils. Au départ, on a eu peur qu'ils bouffent nos lombrics mais le composteur se portait comme un charme. On a eu par contre bien moins de moucherons cet été. Notre hypothèse est donc qu'il s'est constitué comme une biodiversité dans nos toilettes entre nos vers, nos moucherons et les geckos. Les moucherons profitant de la présence des vers et les geckos bouffant les moucherons. Classe, non ?